Présentation des romans de Vernon Sullivan

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J'irai cracher sur vos tombes

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La toile de fond de ce roman présente la condition des noirs et le problème racial. L'idée de ce roman est née de la lecture d' : "un article d'une revue que nous avions trouvée dans un camp américain à l'occasion d'un déplacement de l'orchestre : cet article donnait des statistiques sur le nombre de Noirs qui passaient la ligne, c'est-à-dire devenaient blancs, et insistait sur tous les dangers encourus par ces nouveaux Blancs : enfants noirs, etc ; et cela a beaucoup impressionné Boris."

Lee Anderson, un jeune noir qui a franchi la ligne, mène une vie tranquille dans une petite ville des Etats-Unis lorsqu'il apprend que son jeune frère Tom, vraiment noir lui, vient d'être lynché par des Blancs. Il décide alors de rendre justice et de venger en même temps tous ses frères de race. Il s'acharne contre la race blanche tout entière. Il s'installe dans une petite ville du Sud comme gérant d'une librairie. Lee a l'apparence d'un blanc, il lui est donc aisé d'attaquer. Comme il est beau, il a immédiatement beaucoup de succès. Après plusieurs épisodes corsés, il séduit de très jeunes filles blanches, belles et riches : Jean et Lou Asquith. Jean, l'aînée tombe bientôt enceinte, mais celle qui intéresse vraiment Lee, est la jeune Lou, qui se refuse à lui. Finalement, il se décidé à enlever les deux soeurs en leur promettant le mariage mais en réalité, il a la ferme intention de les tuer. C'est une provocation de la part de Lou qui déclenche le massacre et qui vient contrecarrer les plans de Lee. Blessé au bras, enragé par la vue de son propre sang, il perd le contrôle de lui-même et possède "sauvagement" les jeunes filles avant de les massacrer, non sans leur avoir révélé quparavant qu'elles ont appartenu à un noir. Après une cavale héroïque, Lee est abattu par la police. 

En avril 1948, Vian présente l'adaptation théâtrale de son roman. Afin de ne pas choquer spectateurs et critiques, les représentations étaient très habillées. Mais face à l'accueil frileux qui fut réservé lors des premières représentations, les acteurs se dévêtirent peu à peu, et les représentations suivantes furent de véritables séances de "strip-tease".

Les morts ont tous la même peau

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Ce roman se présente comme un négatif du précédent, et fut condamné pour les mêmes raisons. Pour répondre à l'accueil de J'irai cracher sur vos tombes, Vian ajoute une postface où il lance la célèbre formule :

"Critiques, vous êtes des veaux ! Si vous voulez parler de vous faites des confessions publiques et entrez à l'Armée du Salut. Mais foutez la paix au peuple avec vos idées transcendantes et tâchez de servir à quelque chose. Un peu de critique objective s'il vous plaît. Il serait temps.Vous êtes en danger."

Dan Parker, un nègre blanc, vit comme un blanc, évolue au milieu des blancs, a épousé une femme blanche... Dans est un homme rangé qui ne pense qu'à faire le bonheur de sa femme et de son enfant. Il travaille comme bouncer dans un cabaret new-yorkais. Il en a oublié qu'il était noir, tare qu'il cachait soigneusement : il a la peau blanche mais il pense être un noir qui a franchi la ligne. L'apparition soudaine de son frère à la peau noire remet toute sa vie en question : celui-ci le menace de tout révéler à sa femme et à son patron s'il ne lui remet quelqu'argent. Il s'affole et pour préserver sa vie et son foyer, Dan le tue. Mais, peu avant, il a rencontré la fiancée noire de ce dernier et a connu avec elle un plaisir sexuel qu'il ignorait jusqu'à ce jour. Dès lors, l'instinct de sa race reprend le dessus. Le sexe l'obsède désormais et il ne peut assouvir ses besoins qu'avec des jeunes femmes noires. Dénoncé, poursuivi par la police, il s'enfuit, viole et tue au hasard de ses errances. Dan se voit pris dans une situation inextricable. Il finit par se donner la mort. Une mort inutile : Dan Parker n'était pas noir, son frère n'était pas son frère mais un maître-chanteur constatent les policiers en refermant définitivement le dossier.

Et on tuera tous les affreux

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Ce roman débute comme un roman policier, puis se transforme peu à peu en roman de science-fiction, et propose une conclusion apparemment philosophique.

Ce roman publié à 120 exemplaires parut dans France-Dimanche en grands feuilletons à partir de février 1948 ; la fin du roman paraîtra sous forme de résumé en avril 1948. La tonalité de ce roman est fort différente des deux précédents et Boris Vian s'en justifie ainsi : 

"Ecrit pour emmerder Max Corre, de France-Dimanche, qui m'avait fait chier et ensuite avait eu l'imprudence de me commander un feuilleton livrable sur mesure... Ayant été censuré pour les deux premiers, je n'avais plus fait que des poursuites en voitures assommantes... Edité en version complète au Scorpion"

Le drame se déroule en Californie, pays où tout est possible. Rock Bailey, qui vient d'être élu "Mr. Los Angeles", a décidé de rester puceau jusqu'à l'âge de vingt ans pour sauver sa belle musculature ; il se voit ainsi obligé de résister à nombre d'assauts pressants des belles qui l'entourent. Enlevé par des individus qui ne cherchent qu'à recueillir sa semence, Rock Bailey décide demener l'enquête en compagnie de son ami reporter. Entraîné dans des aventures érotico-policières, il finit par laisser sa vertu aux mains de Sunday Love, mais auparavant il lui faudra se mettre à la recherche de plusieurs jolies filles de moeurs légères qui ont disparu mystérieusement. La piste mène Bailey, son ami reporter, un chauffeur de taxi, Andy Sigman - qui le ramena de sa première mésaventure - et le neveu de ce dernier, à la propriété d'un certain Docteur Markus Schultz qui se livre à des expériences pour l'amélioration de l'espèce humaine. Il obtient ainsi plusieurs séries de robots d'une beauté et d'une intelligence croissantes. L'un d'eux, le moins réussi : C16 n'hésite pas à trahir son créateur, puisque ce dernier l'a raté en le cuisant trop. Echouant à la capture du Docteur Schultz sur la propriété privée de ce dernier, Bailey et ses amis du FBI -telle est la véritable identité du taxi et de son neveu- se lancent à sa poursuite sur une île du Pacifique. Parachutés dans un paysage idyllique, ils commencent par y trouver une série de cadavres, tous portant un écriteau décrivant le défaut physique. Ces cadavres ne sont pas l'oeuvre du Docteur mais de ses robots qui décident de leur plein gré de se suicider en prenant conscience de leur tare. Le Docteur Schultz avait décidé d'étendre sa conception du beau sur le monde entier, d'éliminer tous les affreux. Cependant ce rêve ne se réalisera pas car lors d'une ultime expérience, le Docteur constatera que les beautés qu'il a créées préfèrent les hommes laids aux apollons.

Elles se rendent pas comptent

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Est la dernière oeuvre de Sullivan, c'est également son échec le plus cuisant. Ce roman parut en 120 exemplaires numérotés. A son sujet Boris Vian notait : "Un gang de gouines, c'était original, non ?" La verve initiale semble être tarie.

Francis Deacon se déguise en femme pour se rendre à un bal costumé. Après le bal, une fille costumée en garçon veut le ramener chez lui. Après plusieurs aventures, Deacon finit par tomber dans les mains d'un gang de tueuses lesbiennes et a toutes les peines du monde à s'en sortir indemne. Un de ses amis, John Payne, a moins de chance : il est émasculé et, en quelque sorte crucifié par les femmes. Les efforts de Deacon vont consister à remettre sur la voie normale un certain nombre de ces malheureuses.

Les chiens, le désir et la mort

Est un nouvelle très brève à la tonalité essentiellement sadique.


Pastiche/Parodie/Canular écriture oeuvre de référence polar

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Je suis charlie

"LA PRESSE FRANCAISE FAIT PREUVE D'UNE PARTIALITE REVOLTANTE ET NE TRAITE JAMAIS QUE DES MEMES SUJETS : LES HOMMES POLITIQUES ET LES AUTRES CRIMINELS" (Vian, of course...)

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