Les techniques narratives du roman policier noir

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Les techniques narratives du roman policier noir

La lecture d'un roman policier noir révèle un style vif, une syntaxe dépouillée, réduite à l'essentiel, ce qui donne un rythme de récit calqué sur celui de la réalité. W.S. Maugham remarque qu "Hammett et Candler décrivent leur héros aussi brièvement qu'un rapport de police". C.E Magny reprendra cette idée en soulignant  son admiration pour Hamett ; tous les autres ne sont, selon elle, que de pâles imitations.

Cette vivacité ne permet à première vue que de retenir l'essentiel de l'action, la trame du roman. L'écriture rapide, syncopée, écriture de l'effet représente ce que Jakobson nomme : la fonction conative du langage. Cette fonction trouve son expression grammaticale la plus pure dans le vocatif et l'impératif. En effet, qui, lors de la première lecture du Faucon de Malte ou du Grand Sommeil pourrait résumer le roman sans omettre une seule péripétie, citer tous les personnages ou lieux fréquentés par les détectives Spade et Marlowe.

Le roman policier noir s'inspire souvent de faits réels, véridiques ayant défrayé la chronique. Le roman est alors marqué par un système de transposition. A une époque où régnait l'insoumission, le roman policier noir devient l'art de pousser le paroxysme du désordre, de la contrebande, de la violence à son plus haut degré : "Dès le début, l'intrigue basée sur la découverte de la vérité fut assimilée au déroulement nerveux du récit".

Ce style a souvent été qualifié de "cynique" à cause de ses descriptions et de ses comparaisons révélant une certaine rudesse, voire une franche cruauté. Les dialogues sont reconnus incisifs, rapides et fonctionnels, ils sont action. Dans les roman policier noir, l'action se découvre avec les paroles des personnages qui nous indiquent où ils se situent. Ainsi pour U.Eisenzweig :

"[le roman policier noir] rejoint incontestablement la tradition orale. Ses personnages sont factuels et ne s'expriment que dans un langage "utile" qui décrit ce qu'ils font ou leur mobile."

La tradition orale est un moyen de communication essentiellement fondé sur la mémorisation des énoncés, ainsi en est-il pour les épopées de Homère. La tradition orale a accepté le sens d'une écriture de l'oralité.  Céline a parfaitement définit son écriture : "l'émotion du langage parlé à travers l'écriture" :

"La page charrie un vocabulaire d'une extrême richersse où se mêlent le mot de tous les jours, les termes populaires et argotiques (mégoteux, médiocriser), les mots amputés (popotam) ou monstrueusement accouplés (vociféroce) sans parler des expressions étrangères jaillies du sol étranger que foule le héros"

Cette référence à l'oraliture veut souligner le fait que le lecteur n'en connaît jamais plus nque ce qu'il dit, ou que ce qu'en sait le privé.

On découvre les éléments en même temps que le personnage principal. Il arrive que le roman policier noir soit écrit à la première personne du singulier ou utlise le monologue intérieur, ces techniques n'empiètreront pas sur la règle de découverte simultanée. Cette narration permet au narrateur de se poser en tant que confident. C'est un procédé très suivi par Chandler.

Les techniques du behaviorisme évite toute interprétation psychologique forcée mais nous invite à vivre comme de l'extérieur le drame du personnage. Selon Magny, cette technique permet d' : "exprime[r] plus directement ses bouleversements profonds qui sont survenus dans la conscience de l'homme moderne et sa façon d'appréhender les choses." Cette même technique qu'elle qualifiera de "behaviourisme", ou méthode du procès verbal, fondement même du hard-boiled. L'admiration porte sur Faulner, Hemingway, Steinbeck.

Le lecteur est donc amené à découvrir les raison, les causes et les conséquences de l'intrigue en se fondant sur l'intensité de l'action, qui se révèle factuellement ou oralement par un langage souvent avare de renseignements ; le détective ne parle jamais pour ne rien dire et ne désire en aucun cas partager ce qu'il sait. Cette technique contribue au réalisme.

Certains romans privilégient l'utilisation du couple "passé simple/imparfait", alors que d'autres avantagent une utilisation duprésent de l'indicatif et des temps du discours. Le présent permet un mimétisme entre l'instant de la narration et celui de l'action. Le lecteur découvre ce qui se passe en même temps que le protagoniste. Le passé simple et l'imparfait se réfèrent à un présent "qui n'est pas irrémédiablement achevé sans pour autant avoir encore cours.


Analyse Littéraire écriture polar

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