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Structure du Roman Policier Noir

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La structure du roman policier noir

Cette forme s'appuie sur le roman policier à énigme et le roman à suspens ; ce dernier genre apparaît comme une nouvelle forme de roman policier, moins violent, mais proposant davantage de frissons.

T.Todorov a mis en évidence la double narration inhérente au roman policier à énigme. Il s'agissait avant tout de déterminer le suspens, la curiosité exprimée par le lecteur. Selon lui :

"le récit (...) superpose deux séries temporelles : les jours de l'enquête qui commencent au crime, et les jours du drame qui mènent à lui." "Deux histoires (...) la première explique ce qui s'est effectivement passé, alors que la seconde explique comment le lecteur (ou le narrateur) en a pris conscience".

Il semble alors que le roman policier à énigme est un récit dont la temporalité est chronologiquement inversée. Le roman policier à énigme remonte le temps jusqu'à la fusion des deux récits.

"Le roman noir est un roman policier qui fusionne les deux histoires ou en d'autres mots, supprime la première et donne vie à la seconde. Ce n'est plus un crime antérieur au moment du récit qu'on nous relate, le récit coïncide avec l'action"

Cette remarque fait référence à la technique américaine du behaviorisme.

L'OULIPOPO - ouvroir de littérature policière potentielle- s'est penché sur un topos du roman noir : la traque et la cavale afin d'étudier le point de vue narratif utilisé selon qu'une action est narrée par l'un ou l'autre des personnages en position de force ou de faiblesse : "le traqué ne va pas sans le traqueur". Cet article nous propose d'observer que, lorsque la traque prédomine, le point de vue utilisé sera essentiellement celui du traqueur ; si traque et cavale sont narrées également, alors le point de vue sera alternatif ; et enfin, lorsque la cavale prédomine l'action, la narration adoptera le point de vue du traqué.

Une autre analyse systémique est celle adopté par J.-P. Colin. Pour lui, la structure du roman policier s'articule autour des notions de : 

  1. crime : brusque rupture dans l'équilibre social, il s'agit de l'élément perturbateur du schéma narratif traditionnel ;
  2. équilibre : qui correspond à la situation finale ;
  3. enquête intellectuelle et/ou matérielle : c'est-à-dire les péripéties, l'action, la traque et la cavale ; dans le roman noir la quête matérielle est beaucoup plus présente que dans le roman à énigme ;
  4. l'attente : caractéristique du roman noir, elle correspond à l'angoisse créée chez le lecteur.

Toutes ces analyses valorisent une structure relativement fermée dans la narration du roman policier. Quelle que soit sa forme, ce roman n'existe que par une double narration, une constance de la course/poursuite et joue à différents degrés avec les nerfs de son lecteur, son angoisse, sa curiosité.

Si le roman policier est la quête d'une narration impossible, on peut également constater un parallélisme entre le couple meurtrier/détective et auteur/lecteur. On peut alors s'interroger sur l'objet et le sujet réels de la traque.


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"LA PRESSE FRANCAISE FAIT PREUVE D'UNE PARTIALITE REVOLTANTE ET NE TRAITE JAMAIS QUE DES MEMES SUJETS : LES HOMMES POLITIQUES ET LES AUTRES CRIMINELS" (Vian, of course...)

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